Italie - Slovaquie, by ManuFou
2 ième jour, 2 ième match, Italie - Slovaquie
Le soleil brille plus que jamais sur Jo’burg à notre réveil. Pas assez fort
pour profiter de la piscine du B&B, mais c’est déjà ça.
Dans une ville normale, on en aurait profiter pour aller faire un tour à
pied, mais cette ville n’a rien de normal : s’il nous prenait l’idée
saugrenue de quitter la propriété autrement qu’en voiture (ce que les
proprios - un couple d’Afrikaaner qui doivent regretter amèrement le bon
vieux temps… - nous déconseillent fortement), il nous faudrait marcher au
moins une heure avant de croiser âme qui vive, et de toute façon les seuls
points de rendez-vous de cette partie de la ville sont un casino et (à
nouveau) des centres commerciaux. à ce compte là, on préfère digérer le
copieux petit dèj sur un transat.
De toute façon, le match est à 16 h et, pour cette première immersion dans
le centre-ville, on a privilégié l’option taxi. C’est cher, mais pas de
prise de tête et surtout plus sécurisant.
13 h, Isaac et sa Ford sont là, direction “Downtown” pour une plongée dans
la réalité urbaine.
Du temps béni de l’Apartheid, le centre-ville était la propriété exclusive
des blancs.
Les “non-white” (noirs, métis et asiatiques) n’y avait droit de cité que
munis d’un laisser-passer et jusqu’au couvre-feu. C’est donc tout
logiquement là que se situait l’Ellis park, stade dédié au rugby, le sport
des blancs.
Aujourd’hui, le centre de Jo’burg et des autres villes du pays a connu le
même phénomène que les villes américaines dans les années 80 :
paupérisation, montée de l’insécurité et fuite des élites blanches vers des
banlieues cossues.
C’est donc un vrai choc culturel qui nous attend : le quartier est
manifestement pauvre, nous n’y serions pas forcément venus dans un autre
contexte (en tout cas pas la nuit !) mais, Coupe du Monde oblige, la
présence policière est massive et permet aux supporters de tous poils de se
diriger vers le stade sans encombre…
Ca y est, nous y sommes. Ellis park, un nom mythique pour ces Rugbix, et un
peu pour les autres, aussi, quand même. Je suis heureux de le découvrir
enfin, ce stade, et il faut avouer que, s’il n’a pas l’audace et la
cohérence architecturale de Soccer city, il a une âme, une histoire, et une
atmosphère autrement plus fortes que son nouveau concurrent local.
Sur la façade, une plaque en mémoire aux 40 personnes tuées dans un
mouvement de foule en 2001, à l’occasion du clasico local entre les Orlando
Pirates et les Kaizer Chiefs :
L’intérieur du stade avec, en arrière-plan, les buildings du centre ville :
Comment dit-on Footix, en italien ?
Un fan anglais égaré :
Le choc du jour, donc, oppose l’Italie et la Slovaquie. Pas franchement
bandant au moment du tirage au sort, au point qu’on avait envisagé de le
zapper, ce match s’annonce finalement très bien. Comme la veille, les 2
équipes peuvent encore se qualifier… ou être éliminées, en fonction du
résultat de l’autre match (Paraguay –Nouvelle-Zélande).
Les 20 premières minutes sont pauvres, la tension est forte et les erreurs
techniques innombrables.
On attend le but qui pourrait débloquer la situation, quand surgit vittek,
l’ancien attaquant du Losc, qui exauce nos voeux.
La suite sera nettement plus agréable : pas un sommet technique, certes,
mais des occasions, du stress et des rebondissements, que demande le peuple
?
J’avoue que j’aurais bien aimé que les Italiens arrachent la qualif dans
les arrêts de jeu, à l’ancienne, mais leur défense (gardien et Cannavaro en
tête) était décidément trop faible (encaisser un but sur une touche,
franchement !), et l’entrée de Pirlo trop tardive.
Dommage qu’un joueur aussi classe doive se retirer après une claque
pareille, il a montré en 20 min plus que tous les autres joueurs italiens
réunis dans tout le match.
Coup de sifflet final, la Squadra est éliminée, la Slovaquie qualifiée, la
2 ième sensation du mondial après l’élimination de vous savez qui.
A la sortie du stade, nous retrouvons Isaac qui nous ramène à bon port, à
60 bornes de là.
la suite au prochain épisode…
ManuFou
… et toujours en ligne le Sound de LFZLF.
A Tôbieng…
LFZLF