Brésil-Chili, par ManuFou
Aïoli,
Voici l’avant dernier CR de ManuFou : 6 ième jour, 6 ième match, Brésil - Chili
Zou !
Bon sang, déjà lundi. Dans 2 jours, c’est le retour vers Paname, ça passe décidément trop vite. De plus, le soleil a décidé de se planquer pour la première fois du voyage.
Tout ça plus le fait que le match de l’Argentine est désormais derrière nous, ça me donne un petit coup de blues au réveil, que je décide d’effacer en allant courir un peu (j’ai bien dit un peu).
Après cette effort inouï, le programme de la journée s’annonce chargé : d’abord, un déjeuner chez des connaissances françaises de mon pote, qui vivent à Prétoria depuis 6 ans et vont pouvoir nous en apprendre plus sur la vie d’ici.
Comme tout le monde (en tout cas comme tous les habitants des beaux quartiers), ils vivent barricadés : 3 portes fermées à clé en permanence avant de pouvoir entrer, et à l’intérieur une grille (!) qui sépare leur chambre du reste de la maison et qu’ils ferment avant d’aller se coucher.
Le pire, c’est qu’ils ont quand même été cambriolés 3 fois ! Malgré tout, ils ont sur le pays une vision plutôt positive et instructive, qui complètent bien les discussions qu’on a pu avoir depuis notre arrivée.
Mais, pour mieux comprendre le passé et le présent de l’Afrique du Sud, une visite s’impose : celle du musée de l’apartheid, à Johannesburg.
Ca tombe bien, c’est à l’Ellis park que le Brésil et le Chili doivent s’affronter ce soir.
Cap sur la grande ville, donc, pour une après-midi entière au musée.
Sur le chemin, passage près du centre ville, ou Cristiano Ronaldo tient la vedette à défaut de briller sur le terrain.
Au total, on passe pas loin de 3 h dans le musée : il faut dire qu’il y a une expo temporaire consacrée à Mandela, et que l’exposition permanente est extrêmement riche et documentée.
Difficile de rester de marbre devant les nombreuses photos et vidéos du temps de l’apartheid et des violences qui ont suivi la libération de Mandela.
Mais le moment le plus fort restera la demi-heure passée avec Lucky, le collègue de mon pote, qui nous a rejoints devant le musée et, après bien des hésitations, a fini par décider d’entrer.
C’est la 1 ière fois qu’il vient, et on sent qu’il le fait à reculons.
Difficile pour lui de voir ça, car il a vécu les événements de l’intérieur, et du mauvais côté de la barrière.
Je ne suis pas près d’oublier son récit de la journée de l’élection de Mandela, entre autres…
NO COMMENT
Les 1 ières élections multiraciales, en 1994.
Le maillot porté par Mandela le jour de la victoire des Springbocks.
Après ça, le football semble bien peu de chose, mais c’est pour ça qu’on est venu, et on repart donc vers l’Ellis park.
Le trajet est court, quelques kilomètres à peine, mais nous vaudra notre seule frayeur du séjour.
Nous passons en effet par le centre-ville, ce qui, de nuit, est déconseillé. Les quelques ruelles étroites que nous empruntons et où nous restons parfois bloqués au rouge dans notre voiture orange bien voyante nous valent quelques sueurs, pas forcément justifiées (qui sait ?) mais bien réelles.
C’est avec soulagement que nous parvenons à trouver le parking et les cohortes de supporters Brésiliens et Chiliens en route pour le stade.
Ca a beau être notre 6 ième match, on ne se lasse pas de la foule, des chants, des déguisements de toute sorte, le tout dans une atmosphère de fête permanente et de mélange de cultures.
Sur ce plan là, y a pas à dire, rien ne vaut une Coupe du Monde.
Sans vouloir tomber dans un discours de Bisounours, il est quand même agréable de voir les supporters des différentes équipées mélangés avant et après le match, sans animosité ni agressivité, sans être parqué à droite ou à gauche, sans avoir à attendre 45 min dans le stade que les supps adverses aient été évacués, etc.
Bref, l’avant-match est super animé, les Brésiliens sont partout et sûrs de gagner, les Chiliens (presque) nulle part et sûrs de perdre, sur ce point là au moins tout le monde est d’accord.
Message perso : Beelike, je suis sur que ça t’irait à ravir !
ça, par contre, ça n’irait à personne…
Confirmation une fois à l’intérieur : le stade est jaune et vert.
En plus des nombreux Brésiliens, tous les spectateurs “neutres” ont pris comme d’habitude le parti de la Seleçao (sans doute plus pour les souvenirs de Pelé, Socrates ou Aico que pour le jeu de l’équipe de Dunga, mais passons…), sauf vos deux serviteurs qui, très isolés dans leur coin de tribune, reprennent à tue-tête :
Chi-chi-chi !
Le-le-le !
Viva Chile !
Quelques touches de bleu-blanc-rouge dans un océan d’Auriverde :
Cela dit, on a beau avoir choisi de supporter l’équipe adverse, on beau être déçus par la version 2010 de la Seleçao, on a beau être exaspérés par les multiples prières et autres bras tendus vers le ciel des “athlètes de dieu”, voir le Brésil en Coupe du Monde ça fait quelque chose.
Bien sûr, le match n’est pas mémorable, la faute à une équipe Chilienne trop timorée et qui semble avoir renoncé dès le but de Juan, mais le Brésil déroule, crée quelques mouvements collectifs superbes, et paraît extrêmement solide.
C’est bien simple, au coup de sifflet final (1) j’en fais mon favori pour le titre !
Tremblez, Chilenos, Kaka a l’oeil du tigre !
c’est parti, mon kaka !
(1) coup de sifflet final auquel nous n’avons pas assisté, à vrai dire : le match était plié depuis longtemps, l’entrée de Nilmar nous a fait comprendre qu’aucun but supplémentaire ne serait inscrit, on a donc décidé (chose que je déteste par dessus tout) de quitter le stade à 5 min de la fin pour courir jusqu’à la voiture et éviter les embouteillages.
Bien nous en a pris, à peine 45 min plus tard on était rentré, fatigués mais heureux après une journée riche en images et en émotions.
La suite (et la fin) au prochain épisode.
ManuFou