Zobi-Zorba : Olymphatique de Marseille, by Cicci

Depuis quelques jours je me suis décidé à entrer en résistance contre le délabrement passionnel de ma relation de couple avec l’Ohaime. Je me dis qu’après tout je lui dois bien ça avec toutes les émotions qu’on a vécu ensemble et qu’elle m’a fait vivre. Et puis cette année je fête mes 30 ans de Vel, les noces de perle avec l’Ohaime, y a rien là ? Et ben si, des perles y en a plein cette année, mais pas celles qu’on voudrait.

Dès le départ l’ambiance est étrange, déjà je mets que 30 minutes pour me rendre au Vel, alors que je m’étais préparer aux bouchons infernaux : match pour une qualif directe en 8ème de LDC, c’est pas tous les jours hein ! Ben non en fait y a peu de monde. Je me gare à chanot parce que je suis un bourgeois : le parc est vide, enfin presque vide. En fait il y a des dizaines de sups grecs qui courent dans tous les sens. Comprends pas bien ce qui se passe, ça crie en grec c’est inaudible franchement et après on s’étonne que leur langue soit morte : ô les gars on entrave rien à ce que vous dites !
Pendant que je me change derrière ma caisse 3 cars de crs débarquent toutes sirènes hurlantes pour faire genre: mais en fait il se passe pas grand-chose, même eux n’y croient pas en fait, ils se donnent même pas la peine de sortir des cars. Je me dis que si même les flics ont plus la flamme ça ne présage rien de bon.

Evidemment j’arrive trop tôt. Y a dégun dans la rue, trois pelés et un tondu sur l’esplanade qui est de toute façon condamnée au trois quart par des barrières de chantier. 20h25 j’arrive dans le virage. Ouh lala. Une vision d’apocalypse. Dans le stade éventré par son flan est, quelques sups et des footix de passage errent sans but le regard vide, le gris du béton des tribunes est omniprésent, on est qu’à 20 minutes d’un match de LDC et je crois revivre l’OM-Metz en 16ème de coupe de France de février 2006 où on avait dû tous se regrouper au centre du virage pour se protéger des loups qui commençaient à roder autours de nous.
Heureusement, à 20h42 d’un coup le virage se rempli, en tout cas en face il est plein. Les tifos partent et il est bien réussi par le virage depé, même si c’est le bateau avec la voile marseillaise qui démate le premier : échange furtif de regards avec les voisins pendant qu’on agite frénétiquement des drapeaux orange (a posteriori des drapeaux blancs auraient été plus pertinents) : on ne veut pas être superstitieux mais bon faut pas déconner avec les signes quand même…
Cano décide d’apprendre à tout le monde un chant dont il est particulièrement fier, et qui fait « Putana « i » Olympiak « i » ! » qui est censé énerver les sups grecs parqués tout là-bas tout la haut et qui a priori on l’air d’en avoir rien à battre. Je manque de faire remarquer qu’a priori ce chant destiné sans doute à glorifier les filles de joie du pyrée, travailleuses magnifiques bien que souvent désoeuvrées tant on connait les préférences locales en la matière et l’impact sur la solitude des femmes grecques (souvent obligées de passer leur temps à faire des tapisseries du coup) , peut étymologiquement s’appliquer à notre propre équipe, mais je n’ai pas le temps, déjà l’OM a bien entamé son match et malgré une domination des visiteurs nous plantons les plus belles banderilles en cette première mi-temps avec au moins 3 frappes cadrées sortie par leur gardien qui a l’air en feu (comme d’habitude contre nous).

Bon, à la mi-temps mon voisin m’apprend que nous ne jouons pas en blanc ce soir, ce qui douche un peu mon enthousiasme.

Tout le monde s’assoit sauf trois péquins rigolards 30 marches plus bas : SF Sol et Seb sont là. Je rejoins donc la famille LFZLF pour la suite.
Je fais part de mon dépit sur cette histoire de maillot, Sol me fait remarquer que de toute façon les seuls à porter nos couleurs sont les remplaçants qui portent la chasuble. La symbolique est décidemment très présente ce soir. SF fait des SF très drôles mais dont je me souviens plus, et puis vous aviez qu’à être là si vous vouliez savoir bande de nazes.
Niveau ambiance dans les virages si la première mi-temps a été bien soutenue, pendant la deuxième on sent que ça s’essouffle, et d’ailleurs on a aucun mal à se dire que nous aussi (comme Vinz) on en venait à regretter Bakayoko qui au moins avait le mérite d’être vivant et de nous rendre fou de frustration à 95% de ces tirs et complètement extatique s quand enfin il en marquait un, parce qu’on savait qu’un but de baka ça en valait 5 pour un joueur normal. Là on a rien
Tout se passe très bien dans notre conversation de salon sauf que les grecs commencent sérieusement à se rapprocher et à faire tellement briller mandanda et nkoulou qu’ils commencent à réfléchir la lumière des projecteurs, ce qui nous aveugle un peu.

Le coach grec est malin, il a bien cerné le niveau de l’équipe en face. Il choisit donc de faire entre Fetasalakis, car il sent le bon lait de brebis, et effectivement nos chèvres ne se méfient pas de lui et le considère même comme un cousin lointain (les caprins et les ovins, une longue histoire), du coup il fait comme chez lui dans notre défense, et plante un but dans un silence de mort.
Les minutes qui suivent sont extrêmement pénibles car même les quelques irréductibles qui tentent de relancer les chants (dont je fais partie) ne font sortir qu’une espèce de murmure sur le rythme de la marche funèbre. Les footix de passage se barre déjà pour éviter des bouchons qu’il ne risque pas d’y avoir, Cano a même pas l’envie de les chambrer comme d’hab. La vérité parait bien crue sous la lumière blafarde des projos du Vel : tout le monde a baissé les bras, les joueurs, l’entraineur, le staff, la direction, les supporters, qui n’ont même plus la force de faire une bronca qui pour une fois était combien méritée, la ville tout entière endormie par un gaz mortel , gaz formé à base de l’ennui d’un club devenu plat et sans aucune saveur.

Si personne ne se réveille on risque d’hiberner longtemps. Avec SF on se rend compte que même nous on sait plus combien ont de points les autres clubs et combien on est. Encore 2ème apparemment. Sauf qu’à bien y réfléchir on a en plus donné une occasion en or à Wenger de nous la mettre bien profond tout en éliminant aussi Dortmund, il a plus qu’à perdre le match contre les grecs et tout le monde passe à la trappe… autant dire que c’est mort.
Je vais revenir dimanche, sans doute parce que je suis maso. Si c’est la même j’attendrais le dernier truc qui m’intéresse comme chaque année : la victoire à bordeaux. Si rien ne se passe je crois que j’attendrai la L2 pour revenir. Parce que voir un Ohaime complètement éteint comme ça, c’est insupportable, je préfère me rappeler d’elle dans sa splendeur ou dans ses colères, dans ces moments où même 17ème elle sortait parfois des trucs ne nulle part, quand l’Europe ca transcendait les joueurs même des issa ou des celestini, quand elle vivait encore quoi.

Cicci